Péage urbain
ENpéage urban
Alors que les péages urbains sont, en 2008, dans l’actualité politique avec des discussions autour d’un projet de loi qui permettrait leur instauration par les collectivités, quels sont les apports positifs des péages urbains qui ont été mis en place dans d’autre pays comme dans les villes de Londres, Milan, Berlin, Hanovre, Stockholm, … Ces villes ont en effet mis en place des péages urbains pour automobiles pour favoriser l’organisation des déplacements dans leur centre-ville, réduire la pollution, améliorer l’accessibilité et le cadre de vie urbain, ... Les bilans des applications de péages urbains selon le Centre d’analyse stratégique : '' Étant donné la diversité des méthodes de mesure et d’évaluation retenues souvent par les municipalités elles-mêmes, les chiffres présentés ci-après doivent être interprétés avec une certaine réserve. Néanmoins, on peut dresser par objectif les bilans suivants : - une nette amélioration de la fluidité du trafic en ville : à Londres, une baisse de 15 % de la circulation a été annoncée pendant les heures où la Congestion charge s’applique et de 21 % de véhicules entrant dans la zone en 2005. Pour autant, on ne constate pas de report de trafic dans les zones périphériques. À Stockholm, la baisse de la circulation à l’intérieur du cordon se situe entre 10 % et 15 %. À Singapour, l’effet du péage a été très important, le nombre de voitures pénétrant dans la zone pendant les heures de péage a été réduit de 76 % depuis sa mise en place en 1975 ; - une baisse de la congestion : à Londres, la congestion a baissé de 26 % à 30 % en moyenne sur la période 2002-2005 ; - une plus grande fiabilité dans les transports : à Stockholm, on évalue la baisse des pertes de temps liées à la congestion entre 30 % et 50 % ; - une plus grande ponctualité des transports collectifs : à Londres, on constate une diminution de 30 % des retards aux arrêts, ce qui entraîne une baisse des coûts d’exploitation ; - une plus grande fréquentation des transports collectifs : à Stockholm, la hausse de fréquentation dans les modes de transports collectifs se situe entre 3 % et 6 %, les bus bénéficiant de vitesses plus élevées. Le report d’automobilistes dissuadés de prendre la voiture se traduit de plus par une augmentation des recettes des transports collectifs ; - une réduction des émissions de polluants locaux et de CO2 : à Londres, on relève 16 % de CO2 en moins par rapport à la moyenne annuelle 2002 des émissions générées par le trafic routier. À Stockholm, la baisse des émissions polluantes à l’intérieur du cordon serait de 10 % à 14 % ; - le financement de nouvelles infrastructures : en Norvège, les nouvelles recettes financières ont permis de construire des tunnels et de reconquérir le centre-ville au profit des modes de transport doux : piétons, vélos et transports en commun. Ces expériences montrent que le péage urbain s’applique aussi à des villes de taille moyenne, de moins de 100 000 habitants. Le tunnel d’Oslo de 2 km sous le centre-ville (financé par le péage urbain) a conduit à une baisse de 20 % de la congestion pour une réduction du trafic automobile inférieure à 10 % ; - des impacts positifs sur la santé : selon le Transport for London, organisme en charge des transports dans la capitale britannique, '' la mauvaise qualité de l'air dans la capitale est responsable chaque année de 1 000 décès prématurés et 1 000 admissions supplémentaires à l'hôpital ''. Le péage urbain, mis en place à Londres en 2003, aurait ainsi permis de réduire la pollution, avec pour conséquence de faire '' gagner '' 1 888 années de vie supplémentaires aux sept millions de Londoniens. Ces données ont toutefois été fortement controversées. Ces éléments, non exhaustifs, illustrent la diversité des péages urbains et leur justification d’un point de vue socioéconomique. '' (Source : Centre d’analyse stratégique - La note de veille n° 108 – septembre 2008)