Aller au contenu
E

Environnement et Moyen Age

ENenvironment and medieval

Le mot pollution existe depuis au moins le XIIème siècle ou elle représentait un véritable fléau sanitaire pour les populations. Les réceptacles de la pollution sont la chaussée, la place publique, le fleuve, la rivière, les canaux, les rigoles, les sentiers de halage, etc. qui sillonnent le territoire urbain. Si les gens du Moyen Age ne peuvent saisir les origines microbiennes des maladies, ils ont conscience des dangers liés aux pollutions et ils craignent l’eau et l’air ''corrompus''. Typologie des pollutions : - Pollution organique humaine : au moyen age, on ''lasche ses eaues'', on fait ses ''aysemens et souillures'', ses ''vidanges'', on crache, etc. à même le pavé. Les immondices traînent sur les terre-plein des boulevards des porte d’entrée (Amiens, Moulins), devant les hôpitaux (Dijon, Quimperlé), dans les fossés des enceintes (Rouen, Chambéry), le long des cours d’eau (Bièvre à Pais), dans les canaux et dérivations, sur les grèves et les quais portuaires (Paris, Saint-Malo, Concarneau), etc. - Pollutions animales : crottins de cheval, déjections de chiens, de poules, d’ovins, etc., sont monnaies courantes dans les rues des villes, même si les risques épidémiques conduisent les autorités à en limiter parfois le nombre (4 porcs par famille à Reims en 1389). - Pollution chimique : longtemps la moins perçue, elle n’est pas réservée à nos civilisations actuelles et est présente dans toutes les villes du Moyen Age. Delmare - Traité de police page 620 - 1713 : ''ces mestiers (tanneurs, teinturiers et autres) attirent à leur suite tant d’infection ou se servent d’ingrédiens si nuisibles au corps humain qu’il y a beaucoup de mesure à prendre dans le choix des lieux où ils peuvent estre soufferts pour ne point altérer les santé''. La pollution la plus dangereuse reste celle au plomb qui, rappelons le, est signalée par certains historiens comme étant la cause du déclin du Bas Empire romain producteur de 80.000 tonnes de ce métal par an. Les métiers (travail de la laine, poterie, tannerie, etc.) qui se concentrent dans les villes en amont sur les fleuves sont autant de sources de dangers pour les populations. Toutes ces pollutions s’aggravent au cours du Moyen Age avec l’évolution du tissu urbain, de la conjecture économique, sociale et politique, même si certains procès tendent à faire évoluer les choses. La solution la plus employé pour se débarrasser de ses déchets reste celle de les enfouir dans des puits perdus empierrés, recouverts de planches appelés ''fosse à immondices, fosses au sang, gouffres, etc.''. Le tout à l’égout, pratique courante de l’Antiquité, ne refera son apparition qu’au XIIIème siècle et surtout à partir du XIV et XVème siècle, en même temps que le développement de véritables ervices public de ''purgatio'', ''vuidange'' ou ''curage''. Montpllier et Marseille furent en avance dans le domaine de l’hygiène publique puisque dès le XIIIème siècle ces municipalités paient des ''probi homines'' pour nettoyer les chaussées.